Un expert d’EY révèle les signes qui trahissent une réponse générée par l’IA
Joe Depa, responsable mondial de l’innovation chez EY, affirme posséder une « sensibilité élevée » pour détecter les contenus générés par l’intelligence artificielle. En tant que chef de la stratégie mondiale en matière d’IA, de données et d’innovation au sein du cabinet du groupe Big Four, il supervise l’intégration de l’IA par les collaborateurs. Cette position lui a permis de développer une capacité fine à repérer les réponses produites par les outils d’IA, même si, selon lui, ces technologies progressent constamment. Bien qu’il soit un fervent partisan de l’IA — sans imposer de limites strictes à son utilisation — Depa insiste sur un principe fondamental : l’IA doit servir à amplifier la créativité humaine, non à la remplacer. Il met en garde contre une surutilisation qui aboutirait à des contenus dépourvus d’originalité. « Quand il y a trop d’IA, et que personne n’a injecté ses propres idées, cela devient inefficace », explique-t-il. Pour lui, il est essentiel de préserver une touche personnelle, une voix propre, afin d’éviter que tout le monde ne réponde de la même manière. Ses observations s’inscrivent dans un contexte où les entreprises poussent leurs employés à adopter l’IA, tout en laissant planer un paradoxe : vouloir paraître à la pointe de la technologie sans pour autant avouer son dépendance excessive à ces outils. Une enquête de Business Insider menée auprès de 220 personnes révèle que 40 % ont reconnu cacher ou minimiser leur utilisation de l’IA au travail. Selon Depa, plusieurs signes trahissent une réponse générée par l’IA. En matière d’écriture, les textes trop parfaits, sans variations dans le rythme, la structure ou le ton, sont un indicateur clé. Ils ont souvent un ton générique, trop corporatif, et s’appuient sur des buzzwords répétitifs. Une autre alerte : la répétition de formules d’ouverture ou de structures de phrases identiques à plusieurs reprises. Il recommande donc une approche bien précise : rédiger d’abord son propre contenu, avec ses idées et ses points clés, puis faire appel à l’IA pour le raffiner. « Si vous écrivez d’abord vous-même, puis demandez une amélioration avec l’IA, c’est bien plus productif », affirme-t-il. Dans ce cas, l’outil peut même stimuler la réflexion. En présentation, les signes sont tout aussi visibles. Une surutilisation de l’IA conduit à des analyses superficielles, manquant d’exemples concrets. Les sujets sont souvent traités de manière trop générale, sans tenir compte du public cible. Dépêche également le « flou stratégique », une caractéristique inhérente aux réponses d’IA : elles évitent les décisions claires, préfèrent proposer plusieurs alternatives sans se prononcer. « Tout ce qui est vague, sans substance, sans véritable direction, c’est souvent de l’IA », conclut-il.
