Un nouvel outil IA décrypte les structures d’ARN pour explorer le génome obscur
Nous avons cartographié le génome humain depuis plusieurs décennies, mais une grande partie de ce code génétique reste encore un mystère. À présent, des scientifiques de l’UNSW ont mis au point un outil d’intelligence artificielle capable d’explorer les structures de l’ARN, révélant des secrets enfouis dans ce qu’on appelle le « génome sombre ». Ce génome sombre, composé de séquences non codantes qui ne produisent pas de protéines, représente la majorité de notre ADN, et son rôle dans la santé et les maladies reste largement inconnu. Grâce à cette nouvelle technologie, les chercheurs peuvent désormais prédire avec précision la façon dont l’ARN s’agence dans l’espace tridimensionnel — une caractéristique cruciale pour comprendre son fonctionnement. En effet, la structure de l’ARN influence directement sa capacité à réguler les gènes, à interagir avec d’autres molécules ou à participer à des processus biologiques essentiels. Jusqu’à présent, étudier ces structures était un défi majeur, car elles sont extrêmement flexibles et complexes. L’outil, basé sur des algorithmes d’apprentissage profond, analyse des milliers de séquences d’ARN pour identifier des motifs structurels récurrents et prédire leur conformation. Cette capacité permet de repérer des régions fonctionnelles dans le génome sombre, potentiellement impliquées dans des maladies comme le cancer, les troubles neurodégénératifs ou les affections héréditaires. Les premiers résultats sont prometteurs : les chercheurs ont déjà identifié des structures d’ARN associées à des gènes impliqués dans la croissance cellulaire anormale, ouvrant la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques. En comprenant comment ces éléments non codants contrôlent l’expression génique, on pourrait développer des traitements plus précis, ciblant non pas les protéines, mais les régulateurs moléculaires invisibles jusqu’ici. Cette avancée marque une étape décisive dans la compréhension du vivant. Elle transforme une partie du génome longtemps considérée comme du « bruit » en un terrain fertile pour la découverte scientifique. À l’avenir, ces outils pourraient devenir des alliés incontournables dans le diagnostic précoce des maladies et dans la conception de thérapies personnalisées. En dévoilant les rouages cachés du génome humain, cette recherche ouvre une nouvelle ère de la biologie moléculaire — où les secrets de la vie ne sont plus seulement écrits dans les gènes, mais aussi dans la façon dont l’ARN les lit, les plie et les utilise.
