Jensen Huang annonce que "l'avenir est le rendu neuronal" : la fin de la course traditionnelle des GPU ?
À l’occasion du CES 2026, Jensen Huang, PDG d’Nvidia, a affirmé que « l’avenir est le rendu neuronal », marquant ainsi une nouvelle étape dans la transformation du secteur du jeu vidéo. Bien que la société n’ait pas présenté de nouvelles cartes graphiques — une première depuis cinq ans — elle a dévoilé le superordinateur d’IA Vera Rubin, une avancée majeure dans le traitement de l’intelligence artificielle. Le focus s’est toutefois déplacé vers des innovations logicielles, notamment DLSS 4.5 et MFG 6X, deux mises à jour majeures des technologies d’upscaling et de génération de trames basées sur l’IA, qui deviennent désormais des piliers incontournables de la performance graphique. Lors d’une session de questions-réponses à Las Vegas, Huang a répondu à une interrogation de Adam Patrick Murray de PC World sur la place de la RTX 5090 dans l’histoire des GPU traditionnels. Bien qu’il n’ait pas explicitement déclaré que cette carte représente le sommet du rendu rasterisé, son ton et ses propos laissent entendre que la course à la puissance brute pourrait être en train de s’achever. « L’avenir est le rendu neuronal », a-t-il lancé, soulignant que les progrès futurs ne viendront plus tant de l’augmentation de la puissance de calcul classique que de l’intégration croissante de l’IA dans le pipeline graphique. Les techniques neuronales s’imposent désormais dans des domaines variés : compression et décompression de textures, champs de radiance neuronale, génération de trames, voire une substitution complète du pipeline graphique traditionnel. Ces évolutions reposent sur l’accélération des calculs matriciels et sur des modèles d’IA spécialisés, qui deviennent les nouveaux moteurs de l’innovation. Ce changement de paradigme signifie que les progrès futurs dépendront moins de la fréquence d’horloge ou du nombre de cœurs de calcul, et davantage de l’intelligence embarquée dans les algorithmes. Huang a également évoqué l’avenir des personnages non joueurs (NPC). Selon lui, les futurs jeux vidéo seront peuplés d’entités entièrement animées par l’IA, dotées d’intelligence, d’émotions et de comportements autonomes. Cette vision s’appuie sur la plateforme Nvidia ACE, déjà utilisée dans plusieurs titres, qui permet de créer des personnages vivants, réactifs et capables d’interactions complexes. Cette évolution pourrait réduire considérablement les coûts et délais de développement, en diminuant la nécessité d’animation manuelle à grande échelle. Toutefois, elle soulève aussi des questions sur la perte de la touche humaine, de la créativité artistique et de l’authenticité narrative. En somme, si la RTX 5090 reste une puissance colossale, elle pourrait bien être le dernier grand exploit du rendu rasterisé. L’ère de l’IA dans le rendu graphique est désormais installée, et elle redéfinit non seulement la performance, mais aussi la nature même des jeux vidéo. Pour Huang, ce moment est exceptionnel : « Je pense que c’est un excellent moment d’être dans le jeu vidéo. »
