Bureau de X en France perquisitionné, Musk convoqué par le parquet de Paris
Les autorités françaises ont demandé à Elon Musk de se présenter à Paris pour répondre à des questions dans le cadre d’une enquête ouverte en janvier 2025 sur son réseau social X, a annoncé lundi le parquet de Paris. Un mandat de comparution volontaire a été envoyé à Musk ainsi qu’à Linda Yaccarino, ancienne PDG de X, en tant que dirigeants effectifs et légaux de la plateforme au moment des faits. Cette démarche s’inscrit dans le cadre d’une perquisition menée par les services de cybercriminalité du parquet, appuyés par la police française et Europol, dans les bureaux parisiens de X. L’enquête vise à vérifier la conformité de X aux lois françaises, notamment concernant la manière dont son algorithme recommande du contenu et collecte des données, des pratiques qui ont suscité des inquiétudes quant à une possible ingérence politique. L’enquête a été élargie l’année dernière après des rapports selon lesquels X permettait la diffusion d’images sexuellement explicites générées par l’IA sans le consentement des personnes concernées, ainsi que de contenus négationnistes liés à l’Holocauste. X et Elon Musk ont qualifié ces investigations de baseless et politiquement motivées, les présentant comme des attaques contre la liberté d’expression. Yaccarino a quitté ses fonctions en juillet 2025 après deux ans à la tête de la plateforme. Par ailleurs, une enquête de CBS News a révélé que le chatbot Grok, intégré à X, continuait à permettre aux utilisateurs aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans l’Union européenne de modifier numériquement des photos de personnes réelles pour les montrer en maillots de bain ou en tenues suggestives, malgré des promesses publiques de suppression de cette fonction. Une demande de commentaire auprès de xAI, la société qui a acquis X en mars 2025 avant d’être intégrée à SpaceX cette semaine, n’a été qu’accompagnée d’un message automatique affirmant que « les médias d’ancienne génération mentent ». Cette fonction, surnommée « bikini-fy », a suscité une forte pression : le gouvernement britannique a averti que X risquait une interdiction dans tout le Royaume-Uni si la fonction n’était pas bloquée, tandis que les autorités européennes ont ouvert une enquête en janvier 2026. En décembre 2025, l’Union européenne avait déjà infligé à X une amende de 140 millions d’euros pour son système de vérification « bleue », jugé responsable de la propagation de fraudes. Par ailleurs, X traverse des difficultés financières importantes, avec une chute marquée de sa publicité et une dévaluation significative de sa valeur. Cette perquisition à Paris s’inscrit dans une série de pressions réglementaires croissantes en Europe, reflétant une vigilance accrue face aux risques liés à l’IA et à la gestion des contenus sur les plateformes numériques. Le parquet de Paris a également annoncé qu’il préférerait désormais communiquer via LinkedIn et Instagram, abandonnant X comme canal officiel.
