Ex-Microsoft AI expert révèle le nouveau programme d’études essentiel pour l’ère de l’intelligence artificielle
Craig Mundie, ancien dirigeant de Microsoft et expert en intelligence artificielle, affirme que le système éducatif doit être radicalement repensé face à l’essor de l’IA. Dans une interview avec Business Insider, il souligne que les parents se posent de plus en plus la question : « Que devraient étudier mes enfants pour réussir dans un avenir marqué par l’automatisation ? » Pour Mundie, cette interrogation est mal placée. Ce n’est pas seulement les étudiants qui doivent s’adapter, mais l’ensemble du système éducatif. L’IA ne remplace pas simplement des emplois : elle transforme fondamentalement la manière dont les humains apprennent, travaillent et se définissent. Mundie, qui a passé 22 ans chez Microsoft en tant que directeur de la recherche et de la stratégie, rappelle que l’IA et la robotique vont révolutionner le monde du travail plus profondément que toute technologie précédente. Cette transformation soulève une question existentielle : comment les sociétés définiront-elles la valeur humaine quand le travail ne sera plus nécessaire pour la survie ? Dans son livre Genesis (2015), coécrit avec Eric Schmidt et Henry Kissinger, il prévient que la dignité humaine, historiquement liée au travail, pourrait évoluer. Il critique le modèle éducatif actuel, trop divisé entre les sciences (STEM) et les humanités. Les premières offrent des compétences techniques, les secondes développent la pensée critique, mais peu de programmes intègrent les deux. Selon lui, l’avenir exige une « éducation libérale en technologie » : une formation qui combine raisonnement, créativité, éthique et maîtrise des outils intelligents. Le modèle de classe traditionnel, hérité de l’ère de l’imprimerie, est aujourd’hui obsolète, selon Mundie. La multiplication des contenus écrits a justifié l’organisation scolaire en masses, mais l’IA permet désormais d’avoir des « enseignants polymathes » à l’échelle, capables d’adapter leur approche à chaque élève. Il imagine un apprentissage personnalisé, continu, inspiré de la méthode socratique, où un système intelligent interagit avec l’étudiant, l’incite à poser de meilleures questions et l’aide à approfondir sa compréhension. Il pointe du doigt la résistance des institutions éducatives, souvent réticentes à l’IA, parfois en interdisant les outils comme les chatbots. Cette réaction, dit-il, est typique des systèmes établis qui cherchent à préserver leur modèle. Mais face à une technologie aussi puissante, les structures existantes ne survivront pas sans transformation radicale. Des expérimentations comme Khanmigo, l’assistant IA de Khan Academy, montrent le chemin : non pas une simple réponse à une question, mais un guide qui stimule la réflexion. À terme, des milliers d’applications personnalisées, intégrées à des agents autonomes, aideront les individus à résoudre des problèmes dans leurs domaines d’intérêt. Mundie conclut que les jeunes s’adapteront facilement à ce nouveau monde, mais que les institutions éducatives doivent choisir entre l’innovation et le déclin. Le vrai défi n’est pas de former des travailleurs pour un emploi du futur, mais de créer un système où l’apprentissage devient une quête personnelle, soutenue par l’intelligence artificielle. Évaluation : Des experts comme la chercheuse en éducation Cynthia Chin soulignent que les modèles hybrides, comme ceux proposés par Mundie, sont essentiels pour préparer les générations futures à un monde post-travail. Des entreprises comme Coursera ou Duolingo testent déjà des IA tutorielles, tandis que des universités comme MIT ou Stanford investissent dans l’intégration de l’IA dans leurs cursus. Le défi reste la mise en œuvre à grande échelle, mais les premiers signes sont prometteurs.
