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Les vidéos d’IA sur le passé : un fantasme néoconservateur en quête de virality

Ces vidéos générées par IA, souvent qualifiées de « slop » (bouillie), s’adressent surtout à un public jeune, notamment les Z et les Alpha, pour qui la nostalgie des années 80 et 90 est une récréation idéalisée, déconnectée de la réalité historique. Derrière les visages d’adolescents virtuels aux traits trop parfaits, aux coiffures anachroniques et aux smizes artificiels, se cache une esthétique nostalgique bâtie sur un fantasme : un passé où tout était plus simple, plus beau, plus blanc, et où les gens semblaient savoir ce que serait la vie en 2025. Ces clips, souvent accompagnés de musiques rétro comme « Everybody Wants to Rule the World » ou des sons inspirés de Donkey Kong Country, exploitent une fascination pour le passé que les jeunes n’ont pas vécu, ce qui les rend plus réceptifs aux erreurs d’IA — comme des personnages historiques absurdes (Fred Rogers rapping avec Tupac, Marilyn Monroe en scène avec un homme en uniforme) ou des scènes impossibles (Stephen Hawking en voiture, Jeffrey Epstein en tenue de prisonnier). Ces vidéos, bien que techniquement impressionnantes pour une IA, sont largement dépourvues de créativité. Elles reposent sur des formules répétitives : « et si un célèbre mort faisait une bêtise ? », « et si un personnage historique était dans un contexte absurde ? ». Leur succès viral ne repose pas sur l’humour ou la profondeur, mais sur le choc de l’image, la nouveauté du format, et la curiosité médiatique. OpenAI, via son modèle Sora et son application sociale, tire profit de cette dynamique : promouvoir sa technologie en saturant les réseaux de contenus à faible valeur artistique mais hautement visuels. Les influenceurs comme Jake Paul, Snoop Dogg ou Shaquille O’Neal participent à ce spectacle, soit par conviction, soit par contrat, renforçant l’illusion que « créer avec l’IA est cool ». Mais derrière ce spectacle, se cache une réalité inquiétante : l’IA ne révolutionne pas l’art, elle le standardise. La « démocratisation » de la création promise par les fondateurs d’IA se traduit en réalité par une prolifération de contenus mécaniques, prévisibles, et souvent dénués de sens. Le monde de l’IA ne remplace pas les gatekeepers culturels, il en crée de nouveaux — des algorithmes qui favorisent le viral, l’absurde, le répétitif. Le « mondes » de l’IA, loin d’être des lieux d’expérimentation, deviennent des usines de contenu basé sur des archétypes épuisés. Ce qui est le plus troublant, c’est que ces vidéos ne semblent pas vraiment faire rire ceux qui les regardent. Leur humour repose sur une compréhension implicite du contexte — une culture du « brainrot » où le ridicule devient une forme d’identité. Mais sans cette référence, les images deviennent choquantes : Fred Rogers comme séducteur, Stephen Hawking comme personnage de film d’action. Ce n’est plus de la nostalgie, c’est une trivialisation du passé. En définitive, ces vidéos ne sont pas faites pour les amateurs d’art ou de réflexion. Elles sont conçues pour capter l’attention, saturer les algorithmes, et faire croire que l’IA est une révolution. Mais si la seule chose que l’IA a accomplie jusqu’ici, c’est de produire à grande échelle du contenu sans âme, alors ce n’est pas un avenir prometteur. Ce « slop » est une distraction, une mise en scène pour masquer le vide créatif derrière la machine. Et quand la prochaine mode IA arrivera, personne ne se souviendra de ce moment — parce qu’il n’y avait rien à retenir.

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