Ross Gerber attaque Buffett : vendre Apple, c’était une erreur stratégique dans l’ère de l’IA
Ross Gerber, cofondateur et PDG de Gerber Kawasaki Wealth and Investment Management, affirme que l’explosion de l’intelligence artificielle (IA) n’est pas une bulle spéculative comme celle du dot-com au tournant du siècle, et qu’Warren Buffett a commis une erreur en vendant près de 70 % de sa position dans Apple sur 18 mois, jusqu’au 30 juin. Selon Gerber, l’IA représente une révolution technologique profonde, capable de transformer radicalement la productivité et les bénéfices des entreprises, contrairement aux smartphones, qu’il juge « contre-productifs » et « des pertes de temps ». Il souligne que les valorisations élevées des « Magnificent Seven » — notamment Apple, Nvidia, Alphabet — ne reflètent pas une surévaluation irrationnelle, mais une réalité économique solide. En 2023, Alphabet a généré plus de 100 milliards de dollars de bénéfice net, tandis que les profits de Nvidia ont augmenté de plus de 50 % en un an. Pour Gerber, ces chiffres justifient les multiples élevés, même si certains les jugent inédits. Il rappelle que le S&P 500 a également affiché des rendements supérieurs à 20 % pendant cinq années consécutives entre 1995 et 1999, sans que cela n’empêche une croissance durable. Gerber critique la stratégie de Berkshire Hathaway, qu’il décrit comme un « portefeuille du passé ». Il estime que les actifs comme BNSF Railway ou Kraft Heinz, malgré leur historique, n’ont pas performé récemment. Le rachat de Kraft Heinz, mené avec le fonds d’investissement 3G Capital, a été particulièrement critiqué par Gerber, qui y voit une stratégie basée sur des licenciements massifs plutôt que sur une création réelle de valeur. « Juste en licenciant des gens, on ne crée pas de valeur économique », affirme-t-il, ajoutant que cette approche s’est révélée erronée, notamment avec la décision récente de scinder l’entreprise. Malgré sa critique, Gerber reconnaît le génie stratégique de Buffett, qu’il a rencontré en 2008. Il raconte avoir proposé à l’homme d’affaires d’acquérir AIG pour éviter son effondrement — une idée que Buffett a rejetée avec une froideur déconcertante. « J’ai réalisé que ce type-là, il ne plaisante pas », dit-il. Pour Gerber, Buffett incarne une figure à la fois décontractée et extrêmement agressive sur le plan stratégique. Il admire sa décision de se retirer à temps, en laissant ses successeurs, notamment Greg Abel, les moyens d’agir. « Il a quitté au sommet, en ayant tout mis en place pour la suite », souligne-t-il. Gerber Kawasaki, dont les actifs dépassent 3 milliards de dollars, détient une position de 78 millions de dollars dans Apple, selon son dernier dépôt. L’investisseur est convaincu que Apple restera une entreprise rentable pendant des décennies, jouant un rôle central dans la vie des générations futures. En résumé, Gerber voit dans l’IA une opportunité durable, contrairement à une vision conservatrice qui rejette les nouvelles technologies. Il juge que Buffett, malgré son talent, a perdu une occasion stratégique en vendant Apple, un actif qui, selon lui, reste l’un des meilleurs placements à long terme.
