Deux cofondateurs s’en vont : Thinking Machines Lab perd son CTO et un autre co-fondateur, tous deux retournent chez OpenAI
La start-up de Mira Murati, Thinking Machines Lab, connaît un important bouleversement en perdant deux de ses co-fondateurs, qui rejoignent OpenAI. Ce départ intervient moins d’un an après la création de la société, marquant un tournant critique pour une entreprise qui avait attiré l’attention grâce à son équipe de haut niveau issue d’OpenAI, Meta et Mistral AI. Sur X, Mira Murati a annoncé la séparation avec Barret Zoph, co-fondateur et ancien CTO de Thinking Machines. « Nous avons pris nos distances avec Barret », a-t-elle écrit, tout en annonçant la nomination de Soumith Chintala au poste de nouveau CTO. Chintala, déjà reconnu pour ses contributions majeures au domaine de l’intelligence artificielle, est présenté comme une figure clé et expérimentée, dont l’arrivée est saluée comme une opportunité pour la société. Moins de une heure plus tard, Fidji Simo, directrice des applications chez OpenAI, a annoncé le retour de Barret Zoph, ainsi que celui de Luke Metz, autre co-fondateur de Thinking Machines, et de Sam Schoenholz. « Ravie d’accueillir Barret Zoph, Luke Metz et Sam Schoenholz de retour chez OpenAI ! Ce projet était en cours depuis plusieurs semaines, et nous sommes ravis de les accueillir », a-t-elle posté. Zoph, ancien vice-président de la recherche chez OpenAI, avait passé six ans chez Google en tant que chercheur. Metz, lui aussi ancien membre de l’équipe technique d’OpenAI, et Schoenholz, dont le profil LinkedIn indique encore son affiliation à Thinking Machines, ont tous deux quitté OpenAI pour rejoindre la start-up fondée par Murati, ancienne CTO d’OpenAI, démissionnée en septembre 2024. Thinking Machines Lab avait attiré un financement massif en juillet dernier, levant 2 milliards de dollars dans un tour de financement initial, portant sa valorisation à 12 milliards de dollars. Ce tour a été mené par Andreessen Horowitz, avec la participation d’Accel, Nvidia, AMD et Jane Street. Cependant, le départ de deux co-fondateurs en si peu de temps, surtout dans un contexte où l’entreprise n’a pas encore démontré de produit concret, soulève des questions sur sa stabilité. La perte de Andrew Tulloch, autre co-fondateur, qui a rejoint Meta en octobre, ajoute à cette instabilité. Par ailleurs, le fait que Murati n’ait pas évoqué les départs de Metz ou de Schoenholz dans son message, tout en se montrant très explicite sur celui de Zoph, suggère peut-être un départ non amical, selon des informations rapportées par Wired. Dans le paysage de l’IA, les mouvements de talents entre géants comme OpenAI, Anthropic ou Meta sont fréquents. Mais le départ simultané de deux co-fondateurs d’une start-up à peine née, et notamment du CTO, constitue un événement marquant, qui pourrait nuire à la crédibilité et à la trajectoire de Thinking Machines Lab.
