Action CoreWeave en hausse de 13 % après accord de 14 Md$ avec Meta
Meta Platforms et OpenAI se distinguent fondamentalement par leur modèle économique et leur capacité à financer leurs ambitions en intelligence artificielle. Meta, propriétaire de Facebook, Instagram, WhatsApp et Threads, dispose d’un puissant flux de revenus publicitaires qui lui permet d’investir massivement dans l’IA sans dépendre de financements extérieurs. En 2025, le groupe prévoit de dépenser environ 72 milliards de dollars en infrastructures IA, dont 14,2 milliards pour un accord avec CoreWeave, un fournisseur de cloud dédié à l’IA, dont les contrats s’étendent jusqu’en 2031. Ce montant représente environ 3,3 % de ses investissements prévus sur sept ans, soit un total de 504 milliards de dollars. Avec des revenus estimés à 440 milliards de dollars en 2031, Meta peut se permettre de soutenir des projets à très long terme, comme la construction de superclusters, dont Hyperion, censé couvrir une surface équivalente à une grande partie de Manhattan. En revanche, OpenAI, bien qu’ambitieux, reste un acteur à la recherche de financement. Bien qu’il ait signé un contrat de 22,4 milliards de dollars avec CoreWeave, étendu jusqu’en 2031, il dépend fortement de partenariats et de dette pour financer ses infrastructures. Le projet Stargate I, développé par Crusoe dans le Texas, est un exemple de cette dépendance. Ce campus de datacenters, composé de huit bâtiments et capable de consommer jusqu’à 1,2 gigawatt, accueillera des systèmes basés sur les processeurs Arm Grace et les accélérateurs GPU Blackwell de Nvidia. Les premiers bâtiments utilisent des configurations GB200 NVL72, tandis que les suivants pourraient intégrer des GPU Blackwell Ultra (GB300 NVL72), plus puissants mais plus énergivores. Ces systèmes, dont les performances atteignent près de 11,52 exaflops en précision FP4, reposent sur des architectures rackscale avec des chiplets GPU. CoreWeave, ancien mineur de crypto-monnaie devenu acteur clé du cloud IA, a vu ses actions grimper de plus de 13 % après avoir annoncé son accord avec Meta. Ce contrat, ajouté aux 22,4 milliards déjà engagés avec OpenAI, illustre la montée en puissance de ce type d’infrastructure « néocloud ». OpenAI, qui travaille aussi avec Oracle pour fournir du matériel et des réseaux, dépend fortement de ces partenaires pour déployer ses modèles. Oracle, déjà endetté à hauteur de 91,3 milliards de dollars, a récemment émis 18 milliards de dollars de dette, montrant l’ampleur des financements nécessaires. Alors que Meta peut réinvestir ses revenus publicitaires dans l’IA, OpenAI et ses partenaires doivent recourir à la dette, ce qui augmente les risques financiers à long terme. L’essor de l’IA repose ainsi sur un équilibre fragile entre innovation, capital et capacité de financement. Meta, grâce à sa rentabilité, est en position de force, tandis qu’OpenAI, malgré ses avancées technologiques, reste vulnérable aux contraintes économiques. Le succès futur dépendra non seulement de la puissance des modèles, mais aussi de la capacité à maintenir des financements durables.
