OpenAI révèle les usages réels de ChatGPT par les utilisateurs.
Une nouvelle étude menée par l’équipe de recherche économique d’OpenAI, publiée en tant que document de travail du National Bureau of Economic Research (NBER), offre pour la première fois une vue d’ensemble massive et précise du mode d’usage réel de ChatGPT. Analyse de plus de 1,1 million de messages provenant d’environ 130 000 utilisateurs entre mai 2024 et juin 2025, cette recherche révèle que les gens utilisent ChatGPT surtout pour réfléchir, pas seulement pour produire. Les messages sont classés en trois catégories : « Demander » (49 %), « Faire » (40 %) et « S’exprimer » (11 %). L’usage de type « demander » — poser des questions, chercher des conseils, explorer des idées — croît plus vite que le « faire », ce qui suggère que ChatGPT est perçu comme un partenaire de réflexion plutôt qu’un simple outil de productivité. Le principal usage, tant en contexte personnel qu’au travail, concerne trois domaines : l’orientation pratique (tutorat, conseils, idéation), la recherche d’informations (faits, comparaisons, recherches produits) et l’écriture. L’écriture représente 40 % des messages professionnels, mais deux tiers de ces demandes concernent des corrections, révisions, traductions ou synthèses de textes déjà existants, plutôt que la création ex nihilo. En revanche, la programmation ne représente que 4,2 % des messages, et les discussions personnelles ou émotionnelles, moins de 2 %, bien que des études indépendantes (comme celle de Common Sense Media) suggèrent que les jeunes utilisent davantage les chatbots pour des interactions sociales. L’usage professionnel diminue en proportion : il est passé de 47 % en juin 2024 à 27 % en juin 2025, tandis que l’usage personnel a bondi de 53 % à 73 %. Cette tendance s’explique notamment par l’âge de la base d’utilisateurs : 46 % des messages proviennent de personnes âgées de 18 à 25 ans, et les jeunes sont moins susceptibles d’utiliser ChatGPT pour le travail. Les utilisateurs âgés de 36 à 45 ans sont les plus actifs au travail, avec 31,4 % de messages professionnels. Le genre des utilisateurs évolue aussi : les femmes représentent désormais 52 % des utilisateurs dont le prénom peut être classé comme féminin, contre 80 % en 2022. Les utilisatrices sont plus enclines à utiliser ChatGPT pour l’écriture et les conseils pratiques, tandis que les utilisateurs masculins privilégient l’information technique et les usages multimédias. La qualité des interactions est également influencée par le type de prompt : les messages « demander » sont jugés plus pertinents et satisfaisants que les « faire », selon des évaluations automatisées et des retours utilisateurs. Cela renforce l’idée que poser de bonnes questions, explorer des options ou argumenter contre soi-même génère davantage de valeur que de simplement déléguer une tâche. Enfin, l’étude a été menée avec des garanties de confidentialité : aucune conversation humaine n’a été lue, les données ont été anonymisées via des classifications automatisées, et les analyses se sont limitées à des agrégats statistiques. Malgré cela, l’usage de l’IA pour catégoriser les messages reste une limitation potentielle. En résumé, ChatGPT est devenu un outil de réflexion collective, accessible à tous, surtout aux jeunes et aux femmes, et utilisé davantage pour penser qu’agir. L’avenir de l’IA ne réside pas dans la production automatique, mais dans la capacité à mieux poser des questions, décider, et apprendre — en temps réel, à la conversation.
