Sam Altman prévient : l’IA va d’abord détruire les emplois de service client, et accélérer un bouleversement sans précédent du marché du travail
Sam Altman, PDG d’OpenAI, a prévenu que l’intelligence artificielle pourrait accélérer de manière spectaculaire le changement structurel du marché du travail, en commençant par les emplois dans le service client. Dans une interview diffusée sur The Tucker Carlson Show, il a affirmé qu’il était « confiant » que les tâches actuelles de support client menées par téléphone ou en ligne seraient progressivement remplacées par des systèmes d’IA, offrant une meilleure efficacité et une expérience utilisateur améliorée. Selon lui, cette transformation ne constitue pas une rupture historique sans précédent, mais plutôt une accélération d’un cycle ancien de mutation professionnelle. Il rappelle que, historiquement, environ 50 % des emplois subissent une transformation majeure tous les 75 ans environ. Toutefois, contrairement aux mutations passées qui s’étendaient sur des décennies, l’IA pourrait concentrer ces changements en une période très courte, ce qu’il qualifie de « moment de ponctuation équilibre » — une transformation rapide mais qui, à long terme, reste dans la lignée des grandes transitions industrielles. Altman estime que certains métiers resteront résistants à l’automatisation, notamment ceux qui reposent sur une interaction humaine profonde, comme le travail de infirmier. En revanche, il reste incertain quant à l’avenir des développeurs logiciels, bien que les outils d’IA aient déjà considérablement augmenté leur productivité. Il se demande si, dans cinq à dix ans, cette automatisation entraînera une création nette d’emplois ou une réduction globale de la demande de main-d’œuvre dans ce domaine. D’autres experts partagent des visions divergentes. Adam Dorr, directeur de recherche au think tank RethinkX, est plus alarmiste, prédisant que l’IA et la robotique pourraient rendre 80 % des emplois obsolètes d’ici 2045, en comparant les travailleurs à des chevaux dépassés par les voitures ou les appareils photo argentiques par les smartphones. À l’inverse, Ethan Mollick, professeur à la Wharton School, souligne que l’histoire montre que les nouvelles technologies, bien qu’elles causent une disruption à court terme, finissent par créer de nouveaux emplois plus qualifiés et plus productifs. Il cite l’exemple de la machine à coton du XVIIIe siècle, qui a réduit les coûts de production et stimulé la demande, conduisant à une expansion de l’emploi, même si cela a aussi conduit à une concurrence accrue et à une pression sur les salaires. Des historiens, comme Brian Merchant, avertissent que les bénéfices de l’automatisation ne sont pas toujours équitablement répartis. Il compare la situation actuelle aux soulèvements des Luddites au début du XIXe siècle, où des ouvriers ont détruit des machines qu’ils jugeaient menaçantes pour leur savoir-faire. Selon lui, l’ère industrielle n’a pas tant éliminé les emplois que remplacé des métiers qualifiés et bien rémunérés par des postes pénibles et mal payés, profitant principalement aux propriétaires d’usines. Ces avertissements soulignent que l’impact de l’IA sur l’emploi dépend non seulement de la technologie, mais aussi des choix politiques, économiques et sociaux qui encadrent sa mise en œuvre.
