OpenAI investit dans la start-up de puces cérébrales de Sam Altman
OpenAI a investi dans Merge Labs, une start-up dirigée par Sam Altman, spécialisée dans les interfaces cerveau-machine (ICM), marquant une nouvelle étape dans la convergence entre intelligence artificielle et biologie humaine. Lancée en catimini, Merge Labs a levé 250 millions de dollars lors de sa levée de fonds initiale, avec OpenAI comme principal investisseur, en apportant le plus gros chèque du tour, à une valorisation de 850 millions de dollars. Cette entreprise, décrite comme un « laboratoire de recherche », vise à « combiner l’intelligence biologique et artificielle » pour amplifier les capacités humaines. Son objectif ? Interagir à grande échelle avec les neurones sans intervention chirurgicale, en utilisant des molécules et des modalités comme l’ultrason pour transmettre et recevoir des signaux neuronaux. Cette initiative renforce la rivalité entre Altman et Elon Musk, dont la start-up Neuralink, déjà avancée dans le domaine, utilise des implants invasifs nécessitant une chirurgie pour insérer des fils électrodes dans le cerveau. Neuralink a récemment levé 650 millions de dollars à une valorisation de 9 milliards de dollars. À l’inverse, Merge Labs mise sur une approche non invasive, cherchant à développer des technologies radicalement nouvelles. OpenAI souligne dans un billet de blog que les ICM ouvrent de nouvelles voies pour communiquer, apprendre et interagir avec la technologie, en offrant un moyen naturel et centré sur l’humain pour interagir avec l’IA. Le partenariat entre OpenAI et Merge Labs inclut un travail conjoint sur des modèles fondamentaux scientifiques et des outils de pointe pour accélérer les progrès. L’IA pourrait non seulement accélérer la recherche en neurosciences, bio-ingénierie et ingénierie de dispositifs, mais aussi améliorer les systèmes d’exploitation des ICM en interprétant les intentions, s’adaptant aux individus et fonctionnant avec des signaux bruités. En somme, Merge Labs pourrait devenir un « contrôle à distance » pour les logiciels d’OpenAI, créant un cercle vertueux : plus l’interface réussit, plus elle attire d’utilisateurs vers les produits d’OpenAI, justifiant ainsi l’investissement. Ce mouvement s’inscrit dans une stratégie plus large d’Altman, qui rêve depuis 2017 de la « fusion » entre humains et machines, une évolution qu’il considère comme essentielle à la survie de l’humanité face à une IA superintelligente. Selon lui, cette fusion pourrait prendre diverses formes, de la stimulation neuronale par électrons à une relation intime avec des chatbots. Il la voit comme notre meilleur scénario pour devenir les « concepteurs de nos propres descendants ». Outre Merge Labs, Altman est impliqué dans d’autres projets liés à l’IA et à la technologie avancée, comme Helion Energy (fusion nucléaire), Oklo (fission nucléaire), ou encore Red Queen Bio, Rain AI et Harvey, auxquels OpenAI a investi via son fonds Startup Fund. OpenAI collabore aussi avec io, la start-up de Jony Ive rachetée l’an dernier, pour développer un appareil d’IA sans écran, peut-être un écouteur. Ces initiatives reflètent une vision ambitieuse de l’avenir technologique, où les frontières entre cerveau, machine et IA s’estompent, tout en soulevant des questions éthiques et stratégiques sur les liens croisés entre les entreprises qu’Altman dirige ou soutient.
