À Anthropic, les meilleurs ingénieurs sont ceux qui brassent du kombucha le week-end
Le créateur de Claude Code chez Anthropic, Boris Cherny, a une préférence marquée pour embaucher des ingénieurs qui mènent des « quêtes secondaires » — des projets personnels passionnants, comme la fabrication de kombucha. Selon lui, ces activités en dehors du travail révèlent une curiosité authentique, une créativité et une volonté d’apprendre, des qualités essentielles pour les équipes d’ingénierie d’aujourd’hui. Sur le podcast The Peterman Pod, Cherny a expliqué qu’il recherche des « généralistes » : des profils capables de s’adapter, de passer d’un domaine à un autre, et de contribuer à plusieurs aspects d’un projet, qu’il s’agisse de code, de design ou de recueil de retours utilisateurs. Il donne l’exemple d’un ingénieur qui sait programmer, mais qui sait aussi participer à la conception produit et interagir directement avec les utilisateurs. « Ce sont des personnes équilibrées, des gens avec qui j’aime travailler », affirme-t-il. Cette vision s’inscrit dans une tendance plus large, où les frontières entre les rôles s’estompent. Comme l’a souligné Dylan Field, PDG de Figma, l’essor de l’intelligence artificielle pousse à la fusion des fonctions, transformant chaque employé en un « constructeur de produits » à part entière. Anthropic, en outre, a modifié sa politique d’embauche en fonction de l’IA. En mai, le groupe avait demandé aux candidats de ne pas utiliser d’outils d’IA dans leurs réponses écrites, afin d’évaluer leurs compétences en communication sans assistance. Mais en juillet, la société a changé d’avis, autorisant l’utilisation de Claude, son propre modèle, pour les candidatures. Cependant, les postes chez Anthropic restent très compétitifs, surtout pour les jeunes ingénieurs. En mai, le directeur des ressources humaines, Mike Krieger, a indiqué sur le podcast Hard Fork qu’il privilégiait les profils expérimentés, avec une certaine réticence à embaucher des débutants. Pour Boris Cherny, cette approche s’inspire de son propre parcours. Dès l’âge de 18 ans, il a travaillé dans des startups où il devait tout faire : coder, concevoir, gérer des projets. « Dans les grandes entreprises, on vous enferme dans une voie étroite, c’est artificiel », dit-il. C’est cette diversité d’expériences, nourrie par des projets personnels, qui, selon lui, forge des ingénieurs plus résilients, plus curieux, et mieux préparés à innover dans un monde en constante évolution.
