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Fusion : les startups qui ont levé plus de 100 millions de dollars et repoussent les limites de l’énergie du futur

Depuis quelques années, la fusion nucléaire est passée du domaine des promesses irréalisables à celui des technologies potentiellement viables, attirant des investissements massifs. Cette transformation s’explique par trois avancées clés : des puces informatiques plus puissantes, des algorithmes d’intelligence artificielle sophistiqués, et des aimants supraconducteurs à haute température. Ces progrès ont permis des conceptions de réacteurs plus complexes, des simulations précises et des systèmes de contrôle performants. Un tournant décisif a été atteint en décembre 2022, lorsque le laboratoire du Département de l’Énergie américain a obtenu une réaction de fusion contrôlée produisant plus d’énergie que celle fournie par les lasers — une étape appelée « breakeven scientifique ». Bien que le seuil commercial, où l’énergie produite dépasse celle consommée par l’ensemble de l’installation, reste lointain, cette preuve de concept a redonné confiance aux acteurs du secteur. Parmi les startups les plus prometteuses, Commonwealth Fusion Systems (CFS), basée au Massachusetts, a levé près de 3 milliards de dollars, dont 863 millions en août 2024. Fondée par Bob Mumgaard, ancien chercheur au MIT, CFS développe Sparc, un réacteur tokamak utilisant des aimants supraconducteurs à haute température, dont la mise en service est prévue pour 2026-2027. L’objectif est ensuite de construire Arc, une centrale commerciale de 400 mégawatts à Richmond, en Virginie, avec Google comme client principal. CFS est soutenue par des investisseurs comme Bill Gates, Breakthrough Energy Ventures et The Engine. TAE Technologies, fondée en 1998, utilise une configuration à champ inversé, où des faisceaux de particules maintiennent le plasma en rotation. En décembre 2025, elle a annoncé une fusion avec Trump Media & Technology Group, valorisée à 6 milliards de dollars, avec un apport de 200 millions de dollars en actions, plus 100 millions à l’approbation réglementaire. TAE a levé 1,79 milliard de dollars au total, dont 150 millions en juin 2024. Helion, basée à Everett, Washington, vise une production d’électricité en 2028, avec Microsoft comme premier client. Son réacteur à configuration inversée génère directement du courant via la fusion. La startup a levé 1,03 milliard de dollars, dont 425 millions en janvier 2025, avec des investisseurs comme Sam Altman, Peter Thiel et BlackRock. Pacific Fusion a levé 900 millions de dollars en série A, une somme exceptionnelle. Elle utilise des impulsions électromagnétiques synchronisées pour comprimer le combustible, sous la direction d’Eric Lander, ancien chef du Projet du Génome humain. Le financement est conditionnel à l’atteinte de jalons techniques. Shine Technologies adopte une stratégie pragmatique : elle vend d’abord des neutrons pour tests et des isotopes médicaux, tout en développant des méthodes de recyclage des déchets radioactifs. Elle a levé 778 millions de dollars. General Fusion, fondée en 2002, utilise une fusion par cible magnétique avec un mur liquide. Après une crise financière en 2025, elle a reçu 73,1 millions de dollars supplémentaires via des notes SAFE et un tour de financement pay-to-play. Elle a récolté 492 millions de dollars au total. Tokamak Energy, au Royaume-Uni, réduit le rapport d’aspect de ses réacteurs tokamaks pour les rendre plus compacts. Son prototype ST40 a atteint 100 millions de degrés Celsius en 2022. Elle a levé 336 millions de dollars. Zap Energy utilise un courant électrique pour générer un champ magnétique auto-organisé. Elle a levé 327 millions de dollars. Proxima Fusion, qui privilégie les stellarateurs — des réacteurs avec une géométrie complexe pour stabiliser le plasma — a levé 185 millions d’euros. Kyoto Fusioneering se concentre sur les composants « balance of plant » : gyrotrons, systèmes de récupération de chaleur. Elle a levé 191 millions de dollars. Marvel Fusion et First Light Fusion utilisent des approches inertielles, mais sans lasers : Marvel utilise des cibles en silicium, First Light une arme à deux étages. Cette dernière a abandonné la construction d’une centrale pour se concentrer sur ses technologies. Xcimer, fondée en 2022, repart du modèle du NIF avec un laser plus puissant et des parois en sel fondu. Elle a levé 100 millions de dollars. Évaluation : Ces entreprises illustrent une diversité de parcours technologiques, mais toutes convergent vers un objectif commun : la commercialisation de la fusion. Selon les experts, les progrès en matériaux, en contrôle de plasma et en intelligence artificielle pourraient accélérer le rythme. Cependant, les défis restent majeurs, notamment en termes de durabilité des matériaux, de rendement énergétique et de coûts. Les investisseurs, malgré l’enthousiasme, restent prudents. La réussite dépendra autant de l’innovation technique que de la capacité à construire des installations à grande échelle avec une économie de fonctionnement viable.

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